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Les médicaments

La MII est considérée comme chronique, puisque c’est une maladie perpétuelle. Par conséquent, il n’existe aucun remède médical pour enrayer la maladie, mais plutôt des recommandations sont suggérées pour aider à réduire et atténuer les symptômes. Le traitement médical des MII peut donc être classé en trois grandes catégories: les médicaments, l’alimentation, et la chirurgie.

Les médicaments

Le traitement médical s’amorce avec deux phases, qui intéragissent l’une avec l’autre. La première de ces phases, en induisant une rémission, vise à réduire l’inflammation qui est une caractéristique de la MII, de la maladie de Crohn ainsi que de la colite ulcéreuse. Alors que l’inflammation diminue, la paroi intestinale va commencer à guérir et les symptômes de la maladie, tels que la fièvre, la diarrhée et les douleurs abdominales vont s’atténuer. Suite à la maîtrise des symptômes maintenant contrôlés, la deuxième phase peut s’amorcer par le maintien de la rémission, en s’assurant que le traitement assure une diminution de la fréquence et une prévention de rechute de la maladie.

Ces phases sont des guides générales pour le traitement, puisque la MII varie d’une personne à une autre. Il n’existe pas de recette officielle connue pour traiter la maladie; chacune des phases peut donc varier en fonction de la durée et de la gravité de l’étendue et de l’évolution de la maladie qui s’est déclarée. Toutefois, malgré le caractère individualiste des MII (peu importe si c’est la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, ou tout autre type) aucun traitement approprié ne peut être mis de l’avant sans un diagnostic précis. Des tests endoscopiques, des rayons X, l’analyse des tissus, et une attention aux détails sont les moyens d’assurer un diagnostic juste.

Il existe plusieurs catégories de médicaments qui peuvent être utilisés pour lancer le processus de réduction de l’inflammation. Il faut se rappeler, cependant, que parce que la maladie se manifeste différemment chez les individus, tous et chacun auront des réactions différentes aux différents traitements médicamenteux.

Les médicaments anti – inflammatoires : ils sont souvent la première étape dans le traitement des MII. Ils comprennent les variétés suivantes :

  • Sulfasalazine ( Azulfidine marque ou Salazopyrin ) : est un médicament anti -inflammatoire sulfamide qui est principalement utilisé pour le traitement des MII. Bien qu’il ne soit pas aussi efficace que d’autres médicaments qui atténuent les symptômes de la maladie de Crohn, il peut être utile dans le traitement de maladies impliquant le côlon. Il existe, cependant, de nombreux effets secondaires associés à ce médicament, tels que des nausées, des vomissements, des brûlures d’estomac et des maux de tête. Ce médicament est contre indiqué pour les personnes souffrant d’allergies aux sulfamides.
  • Mésalamine ( nom de marque Asacol ou Rowasa ) : est un médicament anti -inflammatoire utilisé pour traiter l’inflammation du tube digestif ( i.e. de la colite ulcéreuse). Comme c’est un médicament spécifique à l’intestin, il agit localement dans l’intestin minimisant ainsi ses effets secondaires. Le médicament est administré soit par voie orale, sous forme de comprimé, ou sous forme de suppositoire rectal. Son plus grand avantage est qu’il ne doit être administré qu’une fois par jour, ce qui en fait un moyen facile de l’intégrer dans le régime d’un patient.
  • Les corticostéroïdes : cette classe de médicaments ne cible pas les parties spécifiques du système immunitaire qui sont à l’origine de l’inflammation, mais supprime plutôt l’ensemble du système immunitaire au complet. Bien qu’ils ne contribuent pas à réduire l’inflammation, cette classe d’hormones stéroïdes a de nombreux effets secondaires dont certains sont moins sévères tel l’enflure du visage, une pilosité faciale excessive, des sueurs nocturnes, de l’insomnie et de l’hyperactivité, tandis que d’autres sont plus graves, comme le diabète de type 2, l’ostéoporose, les fractures osseuses, les cataractes et une susceptibilité accrue aux infections. Les enfants qui prennent des corticostéroïdes peuvent se retrouver avec un retard de croissance.

    existe différents types de corticostéroïdes, dont certains fonctionnent mieux pour les MII que d’autres. Par conséquent, les médecins utilisent les stéroïdes sur un cas de MII qui est modérée à sévère, et qui ne répond pas aux autres traitements. Le Budésonide (Entocort ou CE), par exemple, travaille plus vite que les stéroïdes traditionnels. Alors qu’il continue de produire des effets secondaires tels que des étourdissements, de la toux ou des enrouements, l’effet du stéroïde est beaucoup moins sévère, ce qui atténue les risques de pertes de densité osseuse et offre un impact moindre sur l’axe hypothalamus -hypophyse surrénalienne (le système responsable de plusieurs processus de l’organisme). Ce stéroïde, cependant, n’est efficace que dans les cas de maladie de Crohn impliquant la partie inférieure de l’intestin grêle et la première partie du gros intestin.

    Les corticostéroïdes sont contre indiqué pour une utilisation à long terme, mais ils peuvent être utilisés à court terme pour réduire les symptômes et engendrer une rémission.

Les suppresseurs du système immunitaire : ils travaillent à réduire l’inflammation en inhibant le système immunitaire, plutôt que de cibler directement le site de l’inflammation.

  • L’Azathioprine (nom de marque Imuran ) et Mercaptopurine ( nom de marque Purinethol) :les médicaments immunosuppresseurs sont les plus couramment utilisés pour le traitement des MII . Même s’ils peuvent prendre quelques mois pour agir, ils aident à réduire les symptômes des MII et sont reconnus pour guérir les fistules affiliées à la maladie de Crohn.
  • Le Iinfliximab ( Remicade nom de marque ) : il est un anticorps constitué de 75 % de protéines humaines et 25 % de protéines de souris. Il est utilisé pour soigner la maladie de Crohn active modérément à sévèrement et pour les patients atteints de colite ulcéreuse qui n’ont pas bien répondu aux autres formes conventionnelles de traitement. L’anticorps agit en bloquant le facteur de nécrose tumorale (TNF), une protéine produite par le système immunitaire. Il se rend dans le système sanguin et enlève le TNF avant qu’il ne provoque une inflammation dans le tractus gastro-intestinal. Parce que ce médicament agit sur le système immunitaire, les personnes qui souffrent de problème cardiaque, de sclérose en plaque, ou de certains types de cancers, devraient s’abstenir de prendre ce médicament (ainsi que tout autre médicament dans cette catégorie). La tuberculose et d’autres infections ont été associées à leur utilisation. Les patients qui envisagent de prendre l’Infliximab, doivent au préalable subir un test de dépistage de la tuberculose qui sera fait soit par un test cutané ou par une radiographie pulmonaire.
  • L’Adalimumab (Humira) : est similaire à l’Infliximab, car il fonctionne comme un inhibiteur du TNF. Cette forme toutefois est faite à partir d’un anticorps humain plutôt que la combinaison homme-souris de l’Infliximab. Le médicament agit en se fixant sur la protéine de TNF et bloquant ses effets, ce qui réduit l’inflammation et les symptômes associés à la maladie de Crohn . Le médicament est prescrit pour ceux avec la maladie de Crohn de type modéré à sévère, pour qui l’Infliximab ou d’autres traitements n’ont pas fonctionné. Il est pris par injection toutes les deux semaines, et peut être administré soit par le patient ou un professionnel de la santé. Comme l’Infliximab, Adalimumab porte un petit risque d’infections, y compris la tuberculose et d’autres infections fongiques graves. Conséquemment, des tests pour détecter la tuberculose devront être menés avant de prendre ce médicament.
  • Le Certolizumab pégol (Cimzia) : approuvée en 2008 par la FDA, il s’agit du premier TNF- anticorps qui est combiné avec le polyéthylèneglycol (PEG ), ce qui contribue à ralentir le rejet du médicament de l’organisme. Cet anticorps TNF- PEG est donc indiqué pour diminuer les symptômes de la maladie de Crohn et ainsi maintenir la réponse clinique chez les patients adultes atteints d’une forme modérée à sévère de la maladie de Crohn et pour qui les traitements standards n’ont pas eu d’effet positif. Le traitement est d’abord reçu par injection une fois aux deux semaines; après trois injections, et des résultats positifs, les injections peuvent être administrés sur une base mensuelle. Quelques effets secondaires communs du médicament comprennent des maux de tête, des nausées, des douleurs abdominales, l’ infections des voies respiratoires supérieures, et des réactions au site d’injection. Comme l’Infliximab et l’Adalimumab, ce médicament affecte le système immunitaire permettant ainsi au patient d’être à risque de certaines infections.
  • Le méthotrexate ( Rheumatrex ) :ce médicament est utilisé pour les personnes ayant la maladie de Crohn qui ne répondent pas bien à d’autres médicaments. Il est également utilisé pour traiter le cancer, le psoriasis et la polyarthrite rhumatoïde. Cependant, il y a un délai d’environ deux mois avant de voir les effets optimaux se manifester. Les personnes qui prennent ce médicament devraient s’abstenir de devenir enceinte, car ce médicament a également été utilisé pour mettre fin à des grossesses précoces ou lancer le processus fausse couche.
  • Le Cyclosporine (Gengraf, Neoral, Sandimmune) : il est souvent utilisé pour guérir les fistules liées à la maladie de Crohn. Ce médicament peut servir à traiter des patients atteints de colite ulcéreuse qui ne répondent pas à un traitement aux stéroïdes. Cependant, la cyclosporine est un médicament puissant, et est associée à de nombreuses interactions médicamenteuses indésirables et à des effets indésirables des médicaments (EIM). Le médicament est également connu pour interagir avec le jus de pamplemousse. Des études ont montré que les niveaux de cyclosporine dans le sang ont tendance à augmenter avec la consommation du jus.
  • Le Natalizumab (Tysabri) : est un anticorps qui semble inhiber certains types de globules blancs impliqués dans le processus inflammatoire. Il réduit la capacité de ces cellules inflammatoires à transpercer et à se fixer aux cellules des parois de l’intestin. Le médicament est approuvé pour les patients atteints de la maladie de Crohn de type modérée à sévère qui ne répondent pas bien aux autres traitements. Suite à la découverte qu’il est associé à la leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP), une infection rare du cerveau qui généralement conduit à la mort ou à une incapacité grave, le médicament a été retiré des tablettes en 2005. En 2006, cependant, après une étude sur l’information de sa sécurité, le médicament a été remis sur le marché en vertu d’un programme spécial de distribution (the Crohn’s Disease-Tysabri Outreach Unified Commitment to Health [CD-TOUCH] Prescribing Program). Bien que les cas de LEMP sont toujours signalés, la FDA n’a pas retiré le médicament du marché en raison de ses avantages cliniques versus les risques encourus.

Les antibiotiques : il a été démontré qu’ils peuvent guérir les fistules et les abcès (une accumulation de pus due à une infection) chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn. La recherche a également démontré que les antibiotiques permettent de réduire les bactéries nocives dans l’intestin et de rectifier le système immunitaire. Certains antibiotiques fréquemment prescrits sont :

  • Le Métronidazole (Flagyl) : En dépit de quelques effets secondaires graves, tels que des engourdissements et des picotements dans les mains et les pieds, des douleurs et faiblesses musculaires, ce médicament a toujours été l’antibiotique le plus couramment utilisé pour soigner la maladie de Crohn. Des effets secondaires incluant la nausée, un goût métallique dans la bouche, des maux de tête et une perte d’appétit peuvent se manifester. Si ces effets persistent, il faut revoir le médecin afin de modifier la prescription du médicament.
  • Le Ciproflaxine (Cipro) : ce médicament est maintenant généralement préféré au métronidazole pour les personnes souffrant de la maladie de Crohn. Certains effets secondaires de Cipro incluent la nausée, des vomissements, des maux de tête et possiblement des problèmes aux tendons.

Autres médicaments : peuvent aider à soulager les symptômes.

  • Les Antidiarrhéiques : ils peuvent être pris sous forme de suppléments de fibres (Metamucil ou Citrucel) et sont utiles pour ajouter du volume à vos selles. Un médecin doit être consulté avant de prendre ces médicaments, car ils augmentent le risque de mégacôlon toxique, une inflammation du côlon potentiellement mortelle.
  • Les Laxatifs : il est courant que l’inflammation cause le rétrécissement de l’intestin, ce qui provoque la constipation. Un médecin doit d’abord être consulté avant la prise de laxatifs, car il y a un risque que ceux vendus en vente libre peuvent-être nocifs.
  • Les Antidouleurs : Le médecin peut recommander l’acétaminophène (Tylenol ou autres) . Un médicament anti-inflammatoires non – stéroïdien (AINS), tel que l’aspirine, l’Advil ou le Motrin doivent être évités, car ils peuvent en fait aggraver les symptômes.
  • Les suppléments de fer : une hémorragie intestinale chronique peut produire une anémie ferriprive. Les suppléments de fer peuvent rétablir les niveaux de fer à la normale et réduire ce type d’anémie, une fois que les saignements ont cessés.
  • La nutrition : Il est possible que face à la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse une personne puisse bénéficier d’un régime spécial introduit par une sonde (de la nutrition entérale) ou intraveineuse (nutrition parentérale). Un tel régime peut être avantageux, car il permet à l’intestin de se reposer, ce qui réduit l’inflammation à court terme. Une fois que la nourriture normale est réintroduite, cependant, il est possible que les symptômes puissent réapparaitre. La thérapie nutritionnelle peut donc être utilisée en combinaison avec d’autres médicaments. Elle est aussi couramment utilisée pour améliorer la santé des patients avant une chirurgie.
  • Injection de vitamine B – 12 : La vitamine B- 12 contribue à promouvoir la croissance et le développement normal, elle est essentielle pour le bon fonctionnement des nerfs, et essentiel dans la prévention de l’anémie. Elle est absorbée dans l’iléon, la partie de l’intestin qui est souvent affectée par la maladie de Crohn. Si l’inflammation de l’iléon dérange la capacité de l’intestin à absorber la vitamine B- 12, des injections mensuelles de la vitamine seront nécessaires.
  • Suppléments de Calcium et vitamine D : les stéroïdes utilisés pour traiter la maladie de Crohn peuvent augmenter les risques de développer l’ostéoporose. Les suppléments de calcium, avec vitamine D ajoutée, peuvent donc être prescrits.